Preah Vihear: La Thaïlande renforce son dispositif militaire

Ecrit par: Krystel MAURICE

Les heurts du 3 avril entre militaires cambodgiens et troupes thaïlandaises ont endommagé le temple de Preah Vihear plus sérieusement que les précédents accrochages. L’autorité chargée de la protection du site a répertorié 66 pierres endommagées. Les impacts des tirs thaïlandais sont plus larges et plus profonds qu’en octobre, même si à l’époque 120 dégradations avaient été relevées. Un rapport détaillé de ces dégâts vient d’ailleurs d’être transmis à l’Unesco dans l’espoir qu’une réunion sera prochainement organisée avec l’instance onusienne.

Le directeur général de l’Unesco, Koïchiro Matsuura, a d’ailleurs exprimé sa « vive préoccupation » à l’annonce d’un regain de tension entre soldats thaïlandais et cambodgiens à proximité du temple de Preah Vihear, dont « la valeur exceptionnelle universelle […] transcende les frontières nationales ».

Le président de la Fondation pour la civilisation khmère (KCF) Moeung Sonn a quant à lui demandé le 7 avril que la Thaïlande verse des dédommagements pour les dégâts survenus sur le marché cambodgien où une centaine de cabanes ont été brûlées.

En outre, depuis plusieurs jours, des informations font état d’un renforcement des troupes thaïlandaises et de matériel lourd comprenant notamment des tanks et des lance-roquettes. Phay Siphan, le porte-parole du gouvernement cambodgien et Preap Tann, gouverneur de la province de Preah Vihear ont confirmé ces informations. Ce dernier a notamment précisé que des forces militaires thaïlandaises étaient actuellement déployées « à environ un kilomètre de la frontière » cambodgienne, au nord de la zone de Veal Entry, soit à quelque six kilomètres du temple de Preah Vihear. De même, le porte-parole du gouvernement cambodgien a évoqué la présence de lance-roquettes devant le temple.

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D’un coté les parties discutent de la délimitation de leur frontière, de l’autre, elles s’affrontent et s’intimident. « Les combats sont les combats et les négociations sont les négociations, ce sont deux choses différentes» a résumé le porte -parole du gouvernement. Finalement un grand classique. Pour autant que les deux pays en restent là.