Les procureurs font appel de la libération de Ieng Thirith prononcée par le tribunal – Cambodge Post

Ecrit par: Krystel MAURICE

Doit-on libérer l’une des principales haut responsables du régime khmer rouge au motif qu’elle a perdu la mémoire ?

C’est la question qui n’a pas fini de faire polémique, après la décision rendue jeudi  17 novembre par le Tribunal international de Phnom Penh de libérer Ieng Thirith, l’une des quatre accusés du procès des anciens dirigeants du régime.

Âgée de 79 ans, Ieng Thirith souffrirait de démence, probablement de la maladie d’Alzheimer, selon les experts qui l’ont examiné.

Jeudi, les juges ont donc ordonné sa libération, estimant qu’ « un procès et le maintien en détention d’une accusée qui n’a pas la capacité de comprendre la procédure contre elle, ni de participer avec sincérité à sa propre défense, ne servirait pas les intérêts de la justice ».

L’appel des procureurs

Mais vendredi, les procureurs ont fait appel de la décision des juges de libérer immédiatement celle que l’on considérait comme la première dame du régime Khmer rouge.
Et dimanche, la Cour suprême a considéré dans un communiqué que cet appel n’était « manifestement pas infondé ». Elle devrait se prononcer d’ici quinze jours. Jusque là, Ieng Thirith sera maintenue en détention.

Le procès des trois autres accusés reprendra comme prévu lundi 21 novembre. Mais les audiences consacrées à l’examen des preuves seront différées au 5 décembre.

Ieng Thirith, ministre des affaires sociales sous le régime Khmer rouge, est accusée de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, tout comme ses trois autres co- accusés, Ieng Sary, son époux alors ministre des affaires étrangères, Khieu Samphan, ancien chef de l’état et Nuon Chea, numéro 2 du régime.

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De 1975 à 1979, près de 2 millions de cambodgiens ont perdu la vie sous le régime des khmers rouges. Belle sœur de Pol Pot, Ieng Thirith a suivi des études à la Sorbonne où elle a obtenue un diplôme de littérature anglaise avant de revenir au Cambodge en 1957. Professeur  à Phnom Penh, elle a crée en 1960, une école privée de cours d’Anglais. Elle a été nommée ministre des affaires sociales en 1975. Elle est restée aux coté des khmers rouges jusqu’en 1998, date à laquelle son époux Ieng Sary a été gracié par le roi.

Le couple s’est ensuite installé dans une confortable demeure de Phnom Penh, où ils ont été arrêtés en 2007.

Krystel Maurice