Les îles du Sud Cambodge convoitées par les investisseurs privés

Ecrit par: Krystel MAURICE

En deux ans, de 2008 à 2010, quelque 180 000 hectares situés sur 28 iles du sud Cambodge sont passés aux mains de compagnies privées. Ces terres, au large de Sihanoukville, de Koh Kong, de Kep et de Kampot, ont été cédées par l’état à 31 sociétés qui entendent obtenir des concessions d’exploitation à 99 ans pour y développer complexes touristiques, casino, golf, aéroport… Bon nombre d’entre elles ont d’ailleurs déjà obtenu ces concessions.

Baignées par des eaux cristallines, ces iles aux paysages époustouflants sont, pour la plupart, vierges de toutes constructions. Ici ou là, des communautés s’y sont cependant installées tirant leurs revenus de la mer et de la forêt.

Quelques unes d’entre elles sont cependant bien connues des touristes occidentaux qui apprécient l’atmosphère à la Robinson Crusoé qui s’en dégagent. Pas d’électricité, aucun commerce et de rares bungalows sommaires équipés seulement de hamacs et de moustiquaires. Koh Tonsay, (l’ile aux lapins en français), Koh Russey appelée aussi Bamboo Island, Koh Rong, Koh Rong Somleom sont quelques une des 28 iles sur lesquels les investisseurs ont jeté leur dévolu. Au total le Cambodge compte 64 iles.

Ces 180 000 hectares ont dores et déjà  été reclassés en terrains privés par une série de sous-décrets gouvernementaux. L’information vient d’être révélée par l’association Adhoc, une association cambodgienne de défense des droits de l’homme, qui a examiné ces reclassements.

Selon cette association, on retrouve dans la liste quasiment toutes les compagnies qui, ces dernières années ont été au centre des plus violents conflits liés à la terre: LYP (à Koh Kong Knong), TTY Co. Ltd (à Koh Koan) and Try Pheap Company ((l’ile aux lapins).

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De quoi inquiéter, d’autant que l’attribution de ces concessions par le gouvernement se faite dans la plus grande opacité. Le gouvernement ne conduit aucune réflexion sur ces projets d’aménagement. Il partage le gâteau sans se préoccuper ni des hommes ni de ses conséquences sur l’environnement, soulignent les associations cambodgiennes.

Alors, qu’adviendra t-il de ces iles, joyaux du Cambodge ? A l’allure à laquelle les projets se développent dans le pays, les réponses ne devraient pas tarder. En attendant, courrez y avant qu’il ne soit trop tard!

Krystel Maurice
A titre d’exemple, ce site internet consacré aux projets sur  Koh Rong montre que les compagnies sont bel est bien dans les starting-blocks.