Les ciseleurs de Koh Chen

Ecrit par: Krystel MAURICE

L’artisanat est assez peu développé au Cambodge. On connait bien sûr les tailleurs de pierre, les sculpteurs sur bois et les tisseuses de soie. Pourtant le marché central de Phnom Penh et, plus encore celui de Tuol Tong Pong, sont de véritables cavernes d’alibaba. Alors ? La plupart des objets qu’on y trouve proviennent en réalité des pays voisins, de Thaïlande et du Vietnam et bien entendu de Chine.

Mais d’où viennent ces objets ciselés en argent ou en cuivre : plateaux de toutes tailles, ornements utilisés lors des cérémonies de mariage ou dans les pagodes, représentations d’animaux, boites et gobelets ? Une grande partie d’entre eux sont fabriqués à Koh Chen (l’île chinoise en khmer), une île située à quelques kilomètres de Oudong, l’ancienne capitale du Cambodge.

Nous sommes allés à la rencontre de ces artisans.

L’île de Koh Chen, sur la rivière Tonle Sap, est située à une dizaine de km de Oudong. Dans un premier temps, l’argent est fondu et coulé dans des moules. Une fois démoulés, les objets sont posés sur de grandes tiges.
La tige est insérée dans l’une des cavités de cette grosse pièce de bois. Une fois bien calé, l’objet peut être ciselé à l’aide d’un marteau et d’une pointe très fine qui fait office de burin. Si besoin, on rajoute des éléments, comme ici la queue ou les oreilles de l’animal.
Ces éléments seront fixés au moyen d’une pâte puis soudés. Le ciselage de l’argent est l’affaire de toute la famille. Ici, le nettoyage des pièces, une opération fastidieuse qui requiert du temps. Chaque famille a sa spécialité. Ici, le ciselage du cuivre.

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Reportage photo Krystel Maurice