Le Cambodge fait son entrée dans l'Atlas des conflits environnementaux

Ecrit par: Krystel MAURICE

Dévoilé il y a deux jours, l’Atlas mondial de la justice environnementale, une carte interactive des conflits environnementaux dans le monde, répertorie quelque 1000 conflits. Financé par l’Union européenne, ce projet interactif, baptisé Ejolt (Environmental Justice Organisations Liabilities and Trade) a été développé pendant trois ans par 23 universités et ONG de 18 pays différents. Cet atlas propose plusieurs entrées, par pays, par types de conflits, par entreprises…

Il est bien évidemment destiné à évoluer dans le temps. Pour l’heure, il ne relève que peu de conflits en Asie du sud-est où ceux ci sont pourtant nombreux.
Mais le Cambodge y est dores et déjà répertorié, symboliquement signalé par deux points noirs: les conflits fonciers entre minorités ethniques et planteurs d’hévéas dans le Ratanakiri (ici) ainsi que les conflits fonciers et la déforestation générés par les activités du magnat du bois, Try Pheap au travers de 23 provinces du Cambodge (ici).

Depuis 2011, date à laquelle le projet Ejolt a débuté, bien d’autres conflits liés à la terre ont été recensés au Cambodge. Il sera intéressant de voir comment cette carte évolue. Mais sa publication pourra en tout cas difficilement échapper aux autorités gouvernementales qui se contentent, depuis des années de déclarer qu’elles ne sont pas informées.

11 000 familles portent plainte

Hasard du calendrier, le jour même où ce projet était officiellement lancé,  quelque 11 000 familles spoliées de leurs terres et appartenant à 105 communautés réparties dans 19 provinces du Cambodge déposaient plainte une nouvelle fois devant des tribunaux locaux, des gouverneurs, des commissions cadastrales ou des agences d’état. Ces  plaintes collectives ont été soutenues par l’association de défense des droits de l’homme Adhoc qui espère ainsi faire pression sur les autorités afin que des solutions soient trouvées pour mettre fin à ces conflits qui durent depuis des années.
Au total ces plaintes concernent 26 500 hectares de terres, une goutte d’eau par rapport à l’ensemble des terres qui font actuellement l’objet de conflits dans le pays. L’atlas mondial est donc encore loin d’être à jour en ce qui concerne le Cambodge.

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Krystel Maurice

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