La police reste sourde à un nouveau mandat d’amener contre Meas Muth

Ecrit par: Krystel MAURICE

Le mandat d’amener contre Meas Muth signé le 4 juin 2015 par le co-juge d’instruction Marc Harmon.

Un deuxième mandat d’amener contre Meas Muth, ancien dirigeant Khmer rouge, signé le 4 juin par le co-juge d’instruction international Mark Harmon, a été ignoré par la police judiciaire, ainsi que l’atteste le document déclassé hier par le tribunal international.

Âgé de 77 ans, Meas Muth, commandant de la marine sous le régime Khmer rouge, avait été inculpé par Mark Harmon de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre le 3 mars dernier dans le cadre du dossier n°3. Im Chaem, une autre responsable Khmère rouge avait également été inculpée des mêmes chefs ce jour-là. Tous deux étaient absents lors du prononcé de ces inculpations, le précédent mandat d’amener délivré le 11 décembre 2014 par Mark Harmon n’ayant pas été exécuté par la police judiciaire.

«  La police judiciaire devra conduire Meas Muth devant le co-juge d’instruction pour une audience contradictoire afin d’envisager la délivrance d’un ordre de détention provisoire conformément à l’article 63 du règlement », précise le mandat d’amener du 4 juin. Dans le cas où Meas Muth ne pourrait être conduit immédiatement devant le juge, précise également le mandat, celui-ci devra être placé en détention provisoire dans un des centres du tribunal et être présenté au co-juge enquêteur dès que possible.

Un mois plus tard, Meas Muth qui est domicilié dans le district de Samlaut dans la province de Battambang, n’a toujours pas été arrêté. Dans un déclaration au Cambodia Daily dans son édition d’aujourd’hui, le général Mao Chadara, en charge de la sécurité du tribunal, affirme n’avoir pas encore reçu le mandat avant d’ajouter: « Nous sommes en train d’étudier les problèmes de sécurité et ce qu’en pensent les villageois ».

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Le Premier ministre Hun Sen s’est toujours farouchement opposé à de nouvelles inculpations, en dehors de celles prononcées contre les cinq dirigeants à l’origine du procès. En mars, Mao Chandara déclarait déjà à l’agence Reuters « Comme notre Premier ministre l’a dit, si nous faisons cela et que le pays éclate, ce sera inutile ». « Je suis un officier de police et mon devoir est de protéger le gouvernement royal et la constitution ».

Krystel Maurice