De retour d’exil, Sam Rainsy, le chef de l’opposition, accueilli triomphalement – Cambodge Post

Ecrit par: Krystel MAURICE

Une marée humaine est venue accueillir vendredi Sam Rainsy, le leader de l’opposition, de retour au Cambodge,  une semaine après avoir été grâcié par le roi et à quelques jours des élections législatives du 28 juillet.

Plus de 100 000 personnes ont pris le chemin de l’aéroport pour venir saluer celui qui incarne leur espoir de changement, dans un pays gouverné depuis  près de trois décennies par le Premier ministre Hun Sen.

Sam Rainsy qui a la double nationalité cambodgienne et française s’est exilé en France en 2009 pour échapper à des peines de onze ans de prison, des condamnations dénoncées par ses partisans comme étant politiquement motivées.
«Je suis très heureux. Je suis revenu pour sauver la nation, avec vous tous», a déclaré Rainsy à son arrivée, embrassant le sol à l’aéroport.

Une arrivée à laquelle des milliers de supporters n’auront pu assister en raison de la cohue qui régnait. Des milliers de motos étaient bloquées sur l’avenue qui menait à l’aéroport et il aura fallu plus de cinq heures au cortège du chef de l’opposition pour se frayer un chemin à travers la foule et franchir la dizaine de kilomètres qui sépare l’aéroport du Parc de la Liberté où il devait s’adresser à ses partisans. «Nous écrivons une nouvelle page pour le Cambodge», a-t-il déclaré, promettant de lutter contre la corruption, de s’attaquer aux injustices sociales et

«Cette fois, nous allons gagner les élections». «Sa présence va galvaniser les militants et les électeurs», a de son côté prédit un porte-parole de son parti, Yim Sovann.

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Entièrement contrôlées par le pouvoir en place, les chaines de télévision cambodgiennes sont restées muettes et n’ont diffusé aucune image du retour de Sam Rainsy. Mais dans tout le pays, les uns et les autres ne parlaient que de cela.

Une question était sur toutes les lèvres: Sam Rainsy pourra-t-il, oui ou non, être candidat à ces élections ? Rien n’est moins sûr puisque les listes électorales sont closes et que son nom a été radié des listes en raison de ses condamnations. Mais son parti, le CNRP, entend bien tout mettre en œuvre pour parvenir à une solution avant le scrutin du 28 juillet, d’autant  que l’ONU a appelé lundi le Cambodge à laisser Rainsy jouer «un rôle à part entière» en politique.

“Changement, changement!” scandait la foule.

Tous affichaient le chiffre 7, correspondant au numéro sous lequel se présentent les candidats du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) aux éléctions du 28 juillet.

Le logo de l’opposition, version pragmatique.

Texte Krystel Maurice Photos et Vidéo Marie-Laurence Bon