Conflit foncier dans le district d’Udong : 26 blessés

Ecrit par: Krystel MAURICE

Douze villageois et quatorze policiers ont été blessés jeudi 18 mars, au cours d’une bagarre liée à un conflit foncier dans la province de Kompong Speu.

Quatre-vingt huit familles de la commune de Phnom Touch, dans le district de Udong, s’opposent à un homme d’affaire taïwanais, dénommé  Kuo Sheng, propriétaire de la compagnie Meng Keth. Celui-ci affirme être propriétaire d’un terrain de 65 hectares, sur lequel vivent ces familles. Entre 1997 et 2000, la compagnie prétend avoir acheté 223 hectares de terrain dans le secteur et projetterait d’y planter acacias et cocotiers et d’y construire une usine.

Les familles, elles, soutiennent qu’elles habitent sur ces terres depuis 1979 et qu’elles n’ont jamais rien vendu à  l’homme d’affaire en question.

Jeudi, 150 policiers ont investi le village avec un lance à incendie et deux bulldozers et ont menacé les villageois de détruire les maisons s’ils ne quittaient pas les lieux. Les quelque 400 fermiers, ont répliqué avec des cannes de bambous et des jets de pierre. Les policiers ont tiré en l’air pour tenter de les disperser et les ont frappés à l’aide bâtons. Au total, 12 villageois et 14 policiers ont été blessés. Huit habitants sont dans un état grave.

Kang Heang, gouverneur de la province a précisé que les meneurs sont actuellement recherchés et seront arrêtés.

Selon les recherches menées par Adhoc, une association cambodgienne  de défense des droits de l’Homme, l’homme d’affaire taïwanais ne disposerait d’aucun titre de propriété et chercherait à faire expulser les familles pour s’arroger les terres.

Lire aussi  Koh Kong: inauguration d’un nouveau barrage chinois

Selon le quotidien de langue anglaise Phnom Penh Post, Kuo Sheng  a acquis la nationalité cambodgienne en 2001, grâce à l’intervention du  Premier ministre en personne.  Dans une lettre adressée au roi Sihanouk, Hun sen soutient que Kuo Cheng mérite la nationalité cambodgienne compte tenu de son rôle en faveur du développement du Cambodge. Le Phnom Penh Post affirme détenir une copie de cette lettre.

Krystel Maurice