Cambodge: nouvelle plainte en diffamation contre Sam Rainsy

Ecrit par: Krystel MAURICE

Sam Rainsy en campagne en 2013. Cette photo a été prise par Thomas Cristofoletti et publié sur la page Facebook de Sam Rainsy il y a quelques jours sans aucun crédit. Merci à M. Rainsy et à ses collaborateurs de respecter les droits d’auteurs des photographes!

Pour la troisième fois en trois semaines, Sam Rainsy, le chef de l’opposition cambodgienne est assigné en justice. Cette fois-ci, la plainte émane de Heng Samrin, le président de l’Assemblée nationale. Signée du procureur adjoint Vong Bunvisoth, l’assignation, datée du 1er décembre, ordonne la comparution de Sam Rainsy devant la cour le 4 janvier 2016 pour être entendu à propos d’un message posté sur sa page Facebook le 17 novembre.

Hier, l’avocat de Heng Samrin a expliqué que son client estimait avoir été diffamé par Sam Rainsy car ce dernier laissait entendre dans son message que le gouvernement qu’il dirigeait en 1979 avait à l’époque condamné à mort le prince Norodom Sihanouk, accusé de trahison pour s’être allié par le passé avec les Khmers rouges. Soutenu  par les Vietnamiens, ce gouvernement venait de chasser les Khmers rouges du pouvoir. «  Mon client m’a clairement confirmé qu’un tel procès n’avait jamais eu lieu et qu’aucune condamnation n’avait été prononcée », a déclaré Ty Tech.

Dans ce message posté sur Facebook, Sam Rainsy avait téléchargé une vidéo dans laquelle le prince Sihanouk, opposé au nouveau régime dirigé par Heng Samrin, se plaignait de l’influence des Vietnamiens dans le pays. «  Nous nous souvenons que le régime né le 7 janvier 1979 a utilisé les tribunaux pour condamner à mort notre roi Norodom Sihanouk en l’accusant d’être un traître », soulignait une légende ajoutée par Sam Rainsy à cette vidéo.

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Hier, le chef de l’opposition cambodgienne n’a pas cherché à se défendre sur le fond de cette affaire. Il s’est contenté d’indiquer que l’accusation contre lui était sans fondement puisque qu’il n’avait pas personnellement cité le nom de Heng Samrin, expliquant que son nom était prononcé par le roi Sihanouk dans la vidéo postée.

Actuellement en France, le chef de l’opposition a choisi de s’exiler pour échapper à une peine de prison de deux ans prononcée en 2011 dans une affaire de diffamation contre le ministre des affaires étrangères Hor Namhong. Un mandat d’arrestation a été émis contre lui le 13 novembre.

Il est également convoqué le 4 décembre pour être entendu dans l’affaire liée à l’arrestation du sénateur Hong Sok Hour. Un mandat d’arrestation sera lancé contre lui s’il ne se rend pas à cette convocation, a menacé la cour.

Krystel Maurice