Cambodge: l’ONU condamne la répression sur Facebook

Ecrit par: Krystel MAURICE

Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU exhorte le gouvernement cambodgien à « cesser ses poursuites judiciaires contre des personnes qui expriment simplement une opinion.  »

Étudiant en sciences politiques, Kong Raiya croupit au fond d’une prison de Phnom Penh depuis le 20 août. La  semaine dernière, il a été condamné par le tribunal à une peine de 18 mois de prison pour avoir posté sur sa page Facebook un message dans lequel il appelait à une « révolution de couleur » au Cambodge.

« Est-ce que quelqu’un ose lancer une révolution de couleur avec moi? Un jour, dans un futur proche, je lancerai une révolution de couleur pour changer ce régime médiocre. Même si je suis emprisonné ou si je meurs, je dois le faire », avait-il écrit sur sa page Facebook la veille de son arrestation.

Le tribunal de Phnom Penh a considéré que ce message constituait une « incitation au crime » et menaçait l’ordre social.

« J’ai seulement exprimé mon opinion et mes idées, un droit garanti par  la constitution cambodgienne. Je n’ai pas enfreint la loi », expliquait cet étudiant peu après son arrestation. Il devrait faire appel de ce verdict.

« Cette condamnation est extrêmement préoccupante, souligne Laurent Meillan, le représentant à Bangkok du Haut-Commissariat des nations unies aux  droits de l’homme dans un communiqué publié vendredi.  La liberté d’expression est un droit pour tous citoyens. Condamner quelqu’un pour avoir exercé ce droit- en particulier dans un domaine fondamentalement personnel- est le signe indéniable d’un rétrécissement de l’espace démocratique au Cambodge », déclare-t-il.

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Le Centre cambodgien pour les droits de l’homme (CCHR) et la Licadho, deux associations de défense des droits de l’homme ont eux aussi vivement critiqué ce jugement, dénonçant la pression qui s’exerce contre ceux qui s’expriment dans les réseaux sociaux. Selon le CCHR, 7 personnes ont été arrêtées pour leurs commentaires depuis le mois d’août  et 23 ont été publiquement menacées.

Krystel Maurice