Assassinat d’un journaliste dans le Ratanakiri: un militaire arrêté

Ecrit par: Krystel MAURICE

Un officier militaire a été interpellé dans le cadre de l’enquête sur le meurtre du journaliste Hang Serei Oudom, dont le corps ensanglanté a été retrouvé mardi dans le coffre de sa voiture dans une plantation du district d’Ochum, dans le Ratanikiri.Il avait reçu plusieurs coup à la tête, probablement des coups de hache.

Le reporter, âgé de 44 ans, vivait à Banlung et travaillait pour le Vorakchun Khmer Daily pour lequel il avait écrit plusieurs articles dénonçant le trafic de bois précieux dans la région et mettant en cause des personnalités locales.
Son dernier article daté du 6 septembre impliquait le fils d’un commandant militaire de la province.

Hang Serei Oudom avait disparu de son domicile dimanche soir expliquant à son épouse qu’il s’absentait brièvement. Il n’avait pas reparu depuis.

Une dizaine de personne ont été interrogées vendredi et selon Khieu Sopheak, le porte-parole du ministère de l’intérieur, au moins deux suspects seraient impliqués dans ce meurtre.

Au Cambodge, la déforestation a pris une ampleur considérable ces dernières années. Selon les Nations unies, les massifs forestiers représentaient 73% du territoire national en 1990 contre 57% en 2010. Les enjeux économiques de ce trafic sont énormes et impliquent nombre d’acteurs : dirigeants proches du pouvoir, militaires de haut rang, policiers, compagnies privées…

Et ceux qui osent s’y attaquer risquent leur vie. Le 25 avril dernier,  Chut Wutty,  un militant écologiste qui dénonçait, lui aussi, le rôle des autorités dans ce trafic, a été abattu par un militaire dans la forêt des Cardamones alors qu’il se trouvait en compagnie de deux journalistes.

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Reporter sans frontières a appelé les autorités à mener une enquête approfondie sur le meurtre de Hang Serei Oudom tandis que le Comité pour la protection des journalistes demande au Premier ministre cambodgien une meilleure sécurité pour les journalistes afin de leur permettre d’exercer leur métier.

Onze journalistes ont trouvé la mort au Cambodge depuis 1994.
Le dernier, Khim Sambo, journaliste du quotidien d’opposition en langue khmère Moneakseka Khmer,  avait été abattu en compagnie de son fils de 21 ans, le 11 juillet 2008 à Phnom Penh, à la veille des élections générales. Khim Sambo avait rédigé de nombreux articles sur la corruption et le népotisme du parti au pouvoir, le Cambodia People’s Party. Leurs assassins n’ont toujours pas été identifiés.

Krystel Maurice