A Phnom Penh, des canons à eaux contre les expulsées

Ecrit par: Krystel MAURICE

Assises au milieu d’un boulevard de Phnom Penh, une poignée d’habitantes, expulsées des quartiers de Boeng Kak, de Borei Keila et de Thmor Kol,  tentent de résister à la force des canons à eaux que la police municipale dirige sur elles. Jusqu’à ce que l’une d’elle s’effondre sur le bitume, inconsciente. C’était hier à Phnom Penh.
Et parce que cette jeune femme n’avait pas d’argent, l’ambulance est repartie. Elle a été transportée en tuk- tuk jusqu’à une clinique proche gérée par la Licadho, une association locale de défense des droits de l’homme.

Ces manifestantes qui luttent depuis des années pour être reloger et dont la plupart vivent dans des abris de fortune demandaient à rencontrer Pa Socheatvong, le nouveau gouverneur de Phnom Penh. Celui-ci s’était engagé le mois dernier à résoudre rapidement ces conflits. Mais à deux mois des élections générales dans le pays, les manifestantes savent que le temps leur est compté. Ensuite, il sera trop tard. Elles en ont déjà fait la triste expérience avec l’ancien gouverneur qui avait juré de pas les expulser. C’était en 2008, juste avant les élections.

K.M.

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