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Le massacre des forêts cambodgiennes

 

Traffic de bois

MDS Import Export Co Ltd, la plus connue des trois sociétés que nous venons de citer, est dirigée par l’un des plus importants magnats du Cambodge, Try Pheap. Son nom est régulièrement cité par des villageois expulsés dans la violence de leurs terres. C’est notamment le cas à proximité de la frontière thaïlandaise, au nord-ouest des Cardamomes, où plus de 300 familles du district de Veal Veng, (province de Pursat), expulsées de force sont en conflit avec cette société qui bénéficie d’une concession depuis trois ans. Ses bulldozers ont finit par écraser plusieurs maisons pour les chasser du secteur. En mars 2013, une dizaine de ces villageois ont été poursuivis en justice par le ministère de l’environnement, selon l’association Adhoc.

 

Ces derniers mois, plusieurs autres associations ont accusé Try Pheap d’avoir tissé un réseau  de concessions économiques qui dissimule un vaste trafic de bois vers les pays voisins.
La semaine dernière encore, dans un rapport de 52 pages, l’une de ces associations, la Cambodian Human Right Task Force (CHRTF), affirmait qu’il était titulaire de 15 concessions économiques dans le pays, en son nom ou celui de son épouse, représentant au total 68 088 hectares.
Depuis 2010, l’association a recensé 1445 familles expulsées de leurs terres, suite à ces acquisitions. Sous couvert de concessions d’hévéas ou de poivriers, Try Peaph exporte ouvertement le bois vers le Vietnam, via le  Mondolkiri, le Ratanakiri  et le port de Sihanoukville, grâce à ses relations étroites avec des membres du ministère de l’intérieur, de l’agriculture, des militaires, souligne ce rapport.
La réponse du magnat ne s’est pas fait attendre. Deux jours plus tard, deux des personnes citées dans ce rapport étaient convoquées au tribunal de la province de Kandal, où Try Peaph habite, pour y être entendues.